Masturbation féminine

On admet volontiers que les garçons se masturbent : on trouve ça rigolo, naturel et on parle même d’un besoin. Alors pourquoi en faire une activité sale et subversive quand une jeune fille ou une femme s’y adonne ? Les moeurs sexistes sont encore bien ancrées alors on a bien besoin d’un petit focus sur ce plaisir qu’on s’interdit encore trop souvent ! Et même si nous la qualifions de « féminine »,  nous parlerons généralement de masturbation chez les personnes disposant d’un vagin, d’une vulve, d’un clitoris, peu importe leur genre

La masturbation souffre depuis des siècles d’une très mauvaise réputation. Cela se comprend avec une morale judéo-chrétienne qui se focalise sur la procréation, et c’est vrai qu’on ne tombera jamais enceinte en se tripotant l’abricot ! Même le terme en lui-même trouve son étymologie dans « l’action de souiller par la main » (manu, la main – stupratio, l’action de souiller, de polluer) Merci Montaigne pour cette connotation hyper négative ! Alors qu’il n’en est rien, au contraire ! Les études modernes sur l’auto-sexualité n’en décrivent que des bienfaits… En augmentant notre rythme cardiaque, elle contribue à conserver une bonne santé cardio-vasculaire, l’équivalent d’une petite séance de sport ! La dopamine, l’hormone de la récompense sécrétée par notre cerveau, apporte une sensation de bien-être profond et durable qui contribue à un bon moral. Mais surtout, les endorphines, hormones du plaisir, ont des effets anti-douleur bien agréable en cas de migraines ou de maux de ventre lors des règles, mais diminuent aussi le stress et l’anxiété ; elles aident aussi à l’endormissement, parfait pour régler naturellement nos problèmes d’insomnie !

À l’opposé, toutes les croyances et les superstitions négative entourant cette activité (cela rend sourd, stoppe la croissance, pervertit ou cause des troubles sexuels…) sont balayées d’un revers de manche par la science, alors allons-y gaiement, il n’y a que des bonnes raisons de se faire du bien !

Ces premiers bénéfices sont partagés par tous les sexes, mais naitre avec un vagin, c’est naitre avec un système génital vraiment bien caché. Même sa partie externe est bien loin de notre propre regard ! Pour autant, je trouverais ça un peu dommage que mes partenaires connaissent mieux que moi mon intimité. Pour cela, c’est vrai qu’on peut s’accroupir au dessus d’un miroir pour aller bien voir ce qu’il se passe par là bas, mais on peut surtout explorer au toucher cette zone mystérieuse, tout comme le reste du corps. La masturbation a cette immense vertu de nous faire découvrir notre anatomie mais surtout nos sensations qu’on peut alors apprivoiser tranquillement, seule avec soi-même avant de les partager avec quiconque. Avant nos premières expériences de sexualité avec des partenaires, mais aussi tout au long de notre vie sexuelle, la masturbation est une alliée épanouissement : c’est un moyen efficace pour discerner ce que l’on aime, ce qui nous fait jouir, ce qu’on aime moins, ce qu’on refuse. Se toucher permet de garder le contact avec notre corps, de le faire pleinement sien et de se sentir connecté à lui. Mille et un facteurs dans notre vie font qu’il est difficile d’être ami.e avec son corps, alors se réconcilier avec ce plaisir intime est un véritable cadeau à soi.

S’autoriser la masturbation c’est aussi tout un symbole. Par cet acte on peut se rendre pleinement maitre.sse de son corps, et exercer notre liberté d’en disposer pleinement. Se masturber et découvrir son corps c’est une façon de prendre le pouvoir sur son propre épanouissement sexuel, en en étant complètement acteur, et non un spectateur passif de sensations qu’on subit. De quoi booster sa confiance en soi, se sentir plus autonome et indépendant.e. On prend son plaisir en main, au sens propre ! 

Dans la pratique, il y a des dizaines de façons de se toucher, et il serait vraiment dommage de se limiter aux masturbations qu’on voit dans la pornographie. Vous vous êtes probablement masturbé avant même de vous en rendre compte étant plus jeune, par des moyens parfois bien rigolo ! Cela est tout à fait normal et participe même à un développement sain de l’enfant et de l’adolescent. Nombreuses sont les personnes qui pratiquent le « humping » sans même connaitre ce concept : il s’agit d’exercer des pressions ou des frottements sur la zone de la vulve, en enserrant un coussin entre ses jambes, sur un rebord de matelas, ou à califourchon sur un accoudoir de fauteuil ! La stimulation peut également passer par des contractions internes du périnée, tout en bandant tout son corps comme un arc, en tendant très fort ses membres etc… Ces pressions, bien différentes des caresses directes sur le clitoris ou des sensations liées à la pénétration, donnent une jouissance unique ! Mais il existe bien d’autres moyens de varier ses plaisirs solitaires : tester pleins de positions différentes, alterner et combiner les modes de stimulations, jouer avec sa respiration et les rythmes, ou encore, bien sûr, s’exercer à fantasmer et laisser voyager son esprit dans des désirs toujours plus fous. Développer cet imaginaire est un outil puissant de libération pour une foule d’aspect de nos vies. Et pourquoi pas tenter d’utiliser un sextoy pour ajouter de la vibration à nos masturbations, ou simplement expérimenter des stimulations différentes ? 

L’idée est finalement de s’autoriser tous les horizons et d’oublier « ce qui se fait », l’image commune d’une masturbation jambes écartées avec deux doigts dans le vagin… Vous pourrez jouir de cette façon, certes, mais pas seulement ! Autorisez-vous aussi à ne pas apprécier, à ne pas avoir envie, à ne pas le faire : cela n’appartient qu’à vous. Certaines personnes ne ressentent aucun besoin ni aucun désir de se toucher, et cela est parfaitement normal également. 

Il n’y a pas de règle, alors à vous de créer vos propres jeux avec vous-même 😉

Une pensée sur “Masturbation féminine

  • 24 septembre 2019 à 16 h 05 min
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    Tu m’as appris certaines chose sur moi aujourd’hui , merci beaucoup 🙂

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